Le problème : quatre sources de données, une seule ressaisie manuelle
Un staff de club amateur ou semi-pro reçoit chaque semaine un export GPS du boîtier constructeur, une feuille de tests physiques remplie à la main, un compte-rendu du kiné en PDF, une feuille de match scannée. Quatre documents, quatre formats différents, et une seule façon historique de les faire entrer dans un logiciel de suivi : les retaper à la main, un par un, joueur par joueur.
C'est ce que le pipeline d'ingestion de documents de Phros, l'IA intégrée à Euphron, supprime. Un document déposé, une analyse en deux passes, une vérification avant écriture, et la donnée est disponible dans le bon tableau de bord, sans ressaisie.
Notre article sur les usages concrets de Phros présente cette fonctionnalité parmi d'autres. Ici, on détaille précisément comment elle fonctionne : ce que Phros reconnaît, ce qu'il en extrait, et ce qui se passe entre le moment où un fichier est déposé et le moment où la donnée apparaît dans l'effectif.

Deux passes, jamais d'écriture à l'aveugle
Le pipeline fonctionne en deux temps distincts, jamais en une seule étape automatique.
Phase 1, l'analyse. Le document est envoyé à Claude, qui le classe d'abord (GPS, tests physiques, rapport médical, feuille de match, ou document non reconnu), puis en extrait les données structurées. Pour un PDF scanné ou une photo, l'extraction passe par la vision de Claude directement sur l'image, sans OCR intermédiaire qui perdrait le contexte. Rien n'est encore écrit en base à ce stade : le staff voit un panneau de revue avec les données extraites, et pour chaque nom de joueur repéré dans le document, une vérification immédiate, reconnu dans l'effectif ou introuvable.
Phase 2, la confirmation. Le staff corrige si besoin (un nom mal reconnu, une valeur à ajuster), valide, et c'est seulement à ce moment que les données sont écrites dans les bonnes tables.
Pourquoi ça compte. Un pipeline qui écrirait directement en base à la première extraction transformerait chaque erreur de lecture (une écriture manuscrite ambiguë, un tableau mal aligné dans le PDF) en donnée fausse silencieusement injectée dans le dossier d'un joueur. Le panneau de revue rend cette classe d'erreur visible avant qu'elle devienne un problème.
Si le document est illisible (scan de mauvaise qualité, PDF sans couche texte exploitable), Phros le signale explicitement plutôt que de renvoyer une extraction approximative ou une erreur technique opaque.

Quatre types de documents, quatre destinations
Rapports GPS, tout constructeur
Phros reconnaît les exports GPS quel que soit le fabricant du boîtier. Il en extrait la date et le type de séance, puis pour chaque joueur : distance totale, distance haute vitesse, vitesse maximale, efforts sprint, accélérations/décélérations. Les données rejoignent les mêmes tables que celles alimentées par le tableau de bord GPS d'Euphron, et servent ensuite au calcul de l'ACWR comme n'importe quelle séance importée.
Tests physiques, tout sport
Une feuille de tests (VMA, Bronco, Yo-Yo, 30-15 IFT, ou tout autre protocole) est rattachée à une campagne de tests : si une campagne du même nom existe déjà pour la date donnée, Phros la réutilise plutôt que d'en créer une nouvelle en double. Chaque résultat individuel est associé au bon joueur et au bon test. Pour la méthode derrière ces tests, voir notre guide sur les tests physiques de reprise.
Rapports médicaux, kiné, médecin, ostéo
C'est le cas le plus dense en effets de bord. Un compte-rendu de kiné (type de blessure, localisation, gravité, disponibilité, durée d'indisponibilité estimée) est écrit à deux endroits : le dossier personnel du joueur, et le dossier médical que consulte réellement le kiné au quotidien. Le statut de l'effectif est ensuite mis à jour automatiquement à partir de la disponibilité extraite : indisponible passe le joueur en blessé, à surveiller en reprise progressive, disponible ne repasse le joueur en sain que si aucune autre blessure n'est encore ouverte dans son dossier. Le staff (hors médical) reçoit une notification si le rapport signale une blessure active.
Feuilles de match, score et composition
Phros identifie automatiquement si le club joue à domicile ou à l'extérieur en comparant les noms d'équipes du document au nom du club, enregistre le score et la compétition, puis rapproche la composition de la feuille à l'effectif réel pour reconstituer qui a joué, titulaire ou remplaçant. Si la composition extraite est celle de l'équipe adverse, elle n'est délibérément pas importée plutôt que d'être associée aux mauvais joueurs.
L'appariement des joueurs, le détail qui fait ou défait l'automatisation
Un document GPS ou une feuille de tests écrit des noms de joueurs à sa façon : abrégés, mal orthographiés, dans un ordre différent de celui du profil Euphron. Phros construit un index des joueurs du club et tente de faire correspondre chaque nom extrait, avec trois issues possibles :
| Résultat | Ce qui se passe |
|---|---|
| Trouvé | La donnée est associée au bon joueur, aucune action requise |
| Introuvable | Le joueur apparaît dans une liste "non trouvés" au moment de la revue. Rien n'est perdu, mais rien n'est importé pour lui tant que ce n'est pas corrigé |
| Ambigu | Plusieurs joueurs correspondent au même nom. Phros refuse de deviner et demande une clarification |
Cette liste apparaît dès la phase d'analyse, avant toute écriture : le staff sait immédiatement si un joueur du document n'a pas été reconnu, plutôt que de le découvrir en cherchant pourquoi une donnée manque dans son profil.
Ce qui ne se passe jamais sans validation humaine
Aucune des quatre catégories de documents n'écrit en base à la phase d'analyse. Le panneau de revue est systématique, y compris pour un document parfaitement lisible. C'est un choix délibéré : un rapport médical mal interprété qui basculerait un joueur en "blessé" sans validation serait plus coûteux à corriger que le temps gagné par l'automatisation complète.
Deux garde-fous techniques accompagnent cette validation :
- Un quota d'usage IA par club, pour que l'ingestion de documents reste dans le forfait souscrit
- Une limite de taille (4 Mo en envoi direct, davantage via le stockage du club) et une liste de formats acceptés, pour que le pipeline échoue proprement plutôt que silencieusement sur un fichier hors gabarit
Questions fréquentes
Phros peut-il se tromper en lisant un document ? Oui, comme toute extraction automatique sur un document manuscrit ou scanné de mauvaise qualité. C'est précisément pour ça que rien n'est écrit avant la phase de confirmation : le staff voit et corrige avant validation, pas après.
Faut-il un format de fichier particulier pour le GPS ? Non. Contrairement à un import CSV strict qui n'accepte qu'un format précis, le pipeline Phros s'appuie sur la lecture du document par IA et reconnaît les exports de différents constructeurs, en PDF, image ou tableur.
Que se passe-t-il si un joueur cité dans le document n'existe pas encore dans l'effectif Euphron ? Il apparaît dans la liste des joueurs non trouvés au moment de la revue. Rien n'est importé pour lui tant que son profil n'existe pas dans l'effectif du club : pas de création automatique de profil à partir d'un document.
L'import médical remplace-t-il le dossier tenu par le kiné ? Non, il l'alimente. Les données extraites rejoignent le même dossier médical que celui que le kiné consulte et complète manuellement : l'IA évite la ressaisie, elle ne remplace pas le suivi clinique.
Pour une vue d'ensemble de ce que Phros fait au-delà de l'ingestion de documents, voir Phros IA : les usages concrets d'un copilote IA dans un club amateur. Et pour la façon dont ces données se recomposent ensuite en une seule décision par joueur, voir FormScore : comment un seul indicateur prédit la disponibilité de chaque joueur.
