En bref : deux sports, deux logiques
Au rugby, le protocole commotion se lit comme une grille de jours : un nombre de jours minimum avant la reprise, selon l'âge et les antécédents. Au handball et au basket, la logique est différente. Les textes fédéraux ne donnent pas de grille de délais imposée. Ils organisent surtout ce qui se passe sur le terrain et qui décide du retour du joueur.
Ce guide reprend les documents officiels de la FFHB et de la FFBB pour 2026-2027. Il s'adresse aux staffs de clubs pros et amateurs : entraîneurs, préparateurs, médecins et soigneurs, dirigeants. Il ne contient aucun conseil médical. Euphron ne pose aucun diagnostic et ne remplace aucun professionnel de santé.
| FFHB (handball) | FFBB (basket) | |
|---|---|---|
| Textes | Règlement médical 2026-2027 (article 18, annexe 4) ; carton blanc cité dans les Règlements généraux (article 91.2.2) | Règlement médical (annexe 2) ; note de la Commission fédérale médicale du 6 juillet 2026 |
| Test sur le terrain | 5 questions et un test d'équilibre | Score de Maddocks (5 questions) |
| Qui décide du retour le jour du match | Le médecin de la rencontre (annexe 4) ; avec le carton blanc, l'officiel de banc après les tests | Le staff de l'équipe, avec ou sans le médecin du club |
| Après le match | Repos strict de 48 heures et examen médical à 48 heures, si possible par un neurologue | Licence suspendue temporairement, consultation médicale obligatoire, certificat de reprise |
| Délais de reprise | Pas de grille imposée dans les textes lus | Délais « conseillés mais ni réglementés ni obligatoires » |
Handball : le protocole de la FFHB
Le cadre : l'article 18 et l'annexe 4
L'article 18 du règlement médical de la FFHB prévoit que la commission médicale établit un protocole écrit de gestion des commotions cérébrales, avec un questionnaire unifié et codifié. Ce protocole figure en annexe 4 et permet au médecin présent sur une compétition officielle de juger si un joueur peut revenir ou non sur le terrain. L'annexe 4 du règlement 2026-2027 reprend les mêmes consignes que celle de 2025-2026.
Quand suspecter une commotion
Selon l'annexe 4, une commotion cérébrale est suspectée dans tous les cas de choc à la tête : contre un élément dur (sol, poteau, mur, quelle que soit la vitesse), contre un élément dur en mouvement (choc tête contre tête) ou contre un élément rapide (ballon, poing, quelle que soit sa dureté). Le contre d'un défenseur avec un ballon pleine face, ou une chute en suspension avec un impact sur la tête, entrent dans ce cadre. Cela ne concerne pas que le gardien.
Les signes d'appel
L'annexe liste les signes qui alertent sur le terrain :
- perte de connaissance (hospitalisation obligatoire) ;
- troubles de la vision ;
- regard vide ou hébété ;
- convulsions ;
- maux de tête ;
- impossibilité ou difficulté à se mettre debout ;
- troubles de l'équilibre une fois debout ;
- faiblesse des jambes ou des bras ;
- douleurs de cou.
Que faire : deux cas
Premier cas : au moins un signe d'appel. Il y a suspicion de commotion : le joueur sort du terrain et passe un examen médical dès que possible. Sans médecin disponible, il est évacué vers un service d'urgence.
Deuxième cas : aucun signe d'appel, mais le médecin de la rencontre est appelé.
- S'il peut certifier en moins de 30 secondes qu'il n'y a aucun obstacle à la poursuite de l'activité, le joueur peut reprendre.
- Sinon, le joueur sort avec le médecin, qui lui fait passer, hors de l'aire de jeu, un questionnaire de terrain et un test d'équilibre.
Le questionnaire compte 5 questions, et une seule mauvaise réponse vaut échec : où sommes-nous ? quelle mi-temps joues-tu ? quelle équipe a marqué en dernier ? contre quelle équipe as-tu joué ton dernier match ? quelle équipe a gagné le dernier match que tu as joué ?
Le test d'équilibre consiste à tenir 20 secondes debout, pieds alignés l'un devant l'autre, yeux fermés, mains sur les hanches. Il y a échec à partir de 5 erreurs ou déséquilibres.
La décision. Aucun signe d'appel, 5 bonnes réponses et un équilibre normal : reprise du jeu avec surveillance. Au moindre élément anormal, on revient aux décisions du premier cas.

Le carton blanc
La FFHB a aussi introduit le carton blanc, présenté dans un « entretien du lundi » publié sur son site le 16 décembre 2019, où deux médecins expliquent la règle. Le carton blanc figure toujours, en 2026-2027, parmi le matériel de la table de marque cité dans les Règlements généraux (« un carton blanc suspicion de commotion cérébrale »).
Ce que dit la FFHB dans cet entretien :
- Le joueur n'est pas automatiquement exclu du match. Si l'officiel de banc estime, après avoir fait les tests du poster « commotions cérébrales » (les 5 questions et le test d'équilibre), que le joueur va bien, il peut rejouer.
- Quelle que soit la décision, un mail est envoyé automatiquement au joueur. Il décrit les symptômes possibles dans les 48 heures suivantes et la démarche à suivre.
- Le joueur n'est pas obligé d'aller chez le médecin, mais au moindre doute il doit consulter. S'il ne présente aucun symptôme dans les 48 heures, il n'y a pas de raison de l'empêcher de jouer le match suivant. S'il en présente, il consulte et c'est le médecin qui décide de la durée d'arrêt.
- L'entretien insiste sur le risque de second impact (une deuxième commotion sur un cerveau qui n'a pas totalement récupéré) : un joueur chez qui on suspecte une commotion ne doit pas rester sans surveillance pendant au moins 48 heures.
Après le match : 48 heures
L'annexe 4 demande un repos strict de 48 heures et un examen médical à 48 heures, si possible par un neurologue. Dans l'entretien de 2019, les médecins fédéraux donnent des repères : le retour au jeu d'un adulte se fait en général 6 à 8 jours après la disparition des signes, environ 3 semaines pour un jeune, et une consultation spécialisée est à programmer si les symptômes persistent plus de 10 jours chez un adulte ou plus de 21 jours chez un moins de 18 ans. Ce sont des repères donnés dans un entretien, pas une grille réglementaire.
Basket : le protocole de la FFBB
Le cadre : une note chaque saison
Le protocole commotion existe pour les compétitions de la FFBB depuis la saison 2019-2020. Il a évolué en 2024-2025, notamment avec deux changements : la suspension temporaire de la licence d'un joueur suspecté de commotion, et l'obligation d'une consultation médicale avant toute reprise de la compétition. La note de la Commission fédérale médicale du 6 juillet 2026 rappelle le fonctionnement pour 2026-2027. Le règlement médical fédéral (article 23) prévoit que la responsabilité disciplinaire du club peut être engagée en cas de non-respect du protocole.
Sur le terrain, à « T0 »
- Signes de gravité (perte de connaissance, vomissements, convulsions) : le joueur ne reprend pas le jeu.
- Autres situations : l'arbitre fait appel au staff de l'équipe, accompagné ou non du médecin du club, qui évalue le joueur avec le score de Maddocks et recherche d'éventuels signes persistants. La décision de retour relève de la responsabilité exclusive du staff de l'équipe.
- Dans tous les cas, l'arbitre fait acter le protocole sur la feuille de marque en identifiant clairement le joueur. L'entraîneur, en signant la feuille, en prend acte et vérifie l'identité du joueur.
Le règlement médical (annexe 2, édition 2024-2025) détaille la version FFBB du score de Maddocks : dans quelle salle sommes-nous ? dans quel quart-temps ? étais-tu en attaque ou en défense ? contre quelle équipe as-tu joué le dernier match ? ton équipe a-t-elle gagné le dernier match ? Si le joueur ne peut répondre à l'une des 5 questions, l'arbitre conseille très fortement à l'entraîneur de le faire sortir. La note 2026-2027 cite le score de Maddocks sans reprendre les questions.
Après la rencontre : la licence est suspendue
L'arbitre remplit un formulaire de rapport (disponible sur la page « Imprimés » du site de la FFBB) et l'envoie à la Commission fédérale médicale pour les niveaux nationaux. Nouveauté 2026-2027 : pour les niveaux infra-nationaux, il est adressé à la Commission régionale médicale de la ligue.
À réception, la commission suspend temporairement l'aptitude médicale du joueur dans FBI. Un mail est envoyé au joueur et à son club, avec un récapitulatif, un certificat de reprise vierge et un dossier d'aide à la reprise. Pour rejouer, le joueur doit consulter un médecin, seul habilité à compléter et signer le certificat de reprise, qui doit comporter le numéro RPPS du médecin. Ce certificat est transmis à la commission, la seule compétente pour lever la suspension et réactiver la licence.

Ce que la note précise aussi
- Les délais de reprise sont conseillés, mais ni réglementés ni obligatoires. Ils sont communiqués au médecin dans le dossier d'aide à la reprise.
- Ni les joueurs, ni les entraîneurs, ni la famille ne peuvent décider du caractère commotionnel d'un incident, même en l'absence de symptômes manifestes. Seul un avis médical peut statuer.
- Toute personne mentionnée dans le protocole doit consulter un médecin pour envisager un retour, même si elle ne semble pas affectée. La commission ne peut pas déroger à cette obligation.
- Inscrire sur la feuille de marque un joueur dont la licence est temporairement suspendue pour raison médicale peut entraîner une procédure disciplinaire.
- La FFBB propose un module de sensibilisation, « La commotion cérébrale » (Teach Up), à diffuser aux licenciés.
Ce qui change entre les deux, et par rapport au rugby
| Handball (FFHB) | Basket (FFBB) | |
|---|---|---|
| Après un choc à la tête | Suspicion dans tous les cas de choc à la tête | Protocole déclenché par l'arbitre selon l'impact, la chute ou les signes |
| Contrainte de licence | Aucune suspension automatique dans les textes lus | Suspension d'aptitude jusqu'au certificat de reprise |
| Délai de reprise | Repères médicaux, pas de grille imposée | Conseillés, non obligatoires |
| Consultation médicale | Au moindre doute ; examen conseillé à 48 heures | Obligatoire avant toute reprise |
Le rugby, lui, impose une grille de jours minimum, détaillée dans notre guide du protocole FFR 2026-2027 après un carton bleu. Pour un staff qui travaille sur plusieurs sports, la différence principale tient à ceci : en basket, c'est la licence qui verrouille le retour ; en handball, ce sont le protocole de terrain et le jugement médical.
Ce que le staff peut, et ne peut pas, faire
Peut, et doit :
- sortir immédiatement le joueur en cas de signe d'appel ou de signe de gravité ;
- appliquer le questionnaire de terrain (handball) ou le score de Maddocks (basket) tel que la fédération le décrit ;
- noter l'heure, le mécanisme du choc, le résultat des tests et la décision prise ;
- veiller à ce que le joueur reçoive les consignes (mail du carton blanc, dossier d'aide à la reprise) ;
- ne pas faire jouer un joueur dont la licence est suspendue (basket).
Ne peut pas : poser un diagnostic, juger qu'il s'agit « seulement d'un coup sur la tête » en l'absence d'avis médical, ni fixer la date de retour à la place du médecin.
Ces notes contiennent des données de santé : leur conservation et leur partage obéissent aux règles décrites dans notre guide RGPD pour les clubs. Le suivi du ressenti d'un joueur à la reprise peut s'appuyer sur un questionnaire de bien-être. Attention à ne pas confondre le certificat de reprise après commotion avec le certificat médical de licence, traité dans notre guide certificat médical ou questionnaire de santé en 2026-2027.
Pour garder une trace du retour d'un joueur blessé, Euphron propose une fiche de réathlétisation (date, phase, retour estimé, notes, douleur). Elle sert à consigner la décision du médecin, pas à la remplacer.
Checklist pour un staff
- Connaître le protocole de votre fédération : annexe 4 du règlement médical et carton blanc en handball, note de la saison et feuille de marque en basket.
- Avoir les 5 questions à portée de main (affichées dans le vestiaire ou sur le banc).
- Identifier qui décide le jour du match : médecin, officiel de banc ou staff.
- Prévenir le joueur et sa famille des consignes des 48 heures (handball) ou de la suspension de licence (basket).
- Ne jamais remettre un joueur au motif qu'il a l'air bien : l'absence de symptômes visibles ne suffit pas.
- Garder une trace datée de l'incident, de la décision et du certificat ou de l'avis médical reçu.
- Relire les textes chaque été : la FFBB publie une note par saison, la FFHB un règlement médical par saison.
Questions fréquentes
Un joueur de handball qui prend un carton blanc doit-il aller chez le médecin ?
Pas automatiquement. D'après la FFHB, il n'y est pas obligé, mais il reçoit un mail décrivant les symptômes à surveiller pendant 48 heures et doit consulter au moindre doute. S'il présente des signes évocateurs, il consulte et le médecin décide de la durée d'arrêt.
Après une commotion en basket, combien de temps faut-il attendre avant de rejouer ?
La FFBB ne fixe pas de délai réglementaire : les délais sont conseillés, communiqués au médecin dans le dossier d'aide à la reprise. Ce qui est obligatoire, c'est la consultation médicale et le certificat de reprise, transmis à la commission pour lever la suspension de la licence.
Qui décide du retour sur le terrain pendant le match ?
En handball, le médecin de la rencontre selon l'annexe 4 ; avec le carton blanc, l'officiel de banc après les tests, d'après la FFHB. En basket, le staff de l'équipe, avec ou sans le médecin du club. Dans les deux sports, un avis médical reste nécessaire ensuite.
Un entraîneur peut-il décider qu'il n'y a pas de commotion ?
Non. La note de la FFBB précise que ni les joueurs, ni les entraîneurs, ni la famille ne peuvent décider du caractère commotionnel d'un incident, même sans symptômes manifestes. Seul un avis médical peut statuer.
Que risque un club qui fait jouer un joueur suspendu en basket ?
La note de la FFBB indique que l'inscription sur la feuille de marque d'un joueur dont la licence est temporairement suspendue pour raison médicale peut entraîner l'ouverture d'une procédure disciplinaire.
Faut-il un médecin au bord du terrain ?
Les passages lus ne l'imposent pas. L'annexe 4 de la FFHB s'adresse au médecin présent sur une compétition officielle, et le carton blanc donne un cadre à l'officiel de banc. En basket, la note prévoit l'évaluation par le staff, accompagné ou non du médecin du club.
Sources officielles
- FFHB, Règlement médical 2026-2027 (article 18 et annexe 4, commotion cérébrale).
- FFHB, Règlements généraux 2026-2027 (article 91.2.2, matériel de la table de marque).
- FFHB, « Entretien du lundi : la commotion cérébrale » (16 décembre 2019).
- FFBB, note « Protocole commotion cérébrale, saison 2026/2027 » de la Commission fédérale médicale (6 juillet 2026), relayée par un comité départemental.
- FFBB, Règlement médical fédéral (adopté le 5 juillet 2024, article 23 et annexe 2).
Cet article est informatif, à jour au 19 octobre 2026, et ne constitue ni un avis médical ni un avis juridique. Euphron ne pose aucun diagnostic et ne remplace aucun professionnel de santé. Les protocoles fédéraux évoluent : vérifiez toujours le texte en vigueur auprès de votre fédération, de votre ligue ou de votre comité.
